Les prix négatifs sur le marché de l’électricité : voici ce qu’il faut savoir

"J’ai vu ma facture d’électricité baisser, mais je me suis demandé pourquoi. Puis j’ai appris qu’à certains moments, l’électricité avait un prix négatif !" Comme ce consommateur, vous vous demandez peut-être quelles sont les causes des prix négatifs de l’électricité ? Et surtout, quelles en sont les conséquences pour le réseau, les producteurs et les consommateurs ? On vous explique tout dans cet article signé Alpiq.

Qu’est-ce qu’un prix négatif sur le marché de l’électricité ?

Sur les marchés de gros de l’électricité, les prix sont déterminés par la loi de l'offre et de la demande. Quand il y a trop d’électricité produite par rapport à ce qui est consommé, les prix peuvent chuter… et parfois devenir négatifs. En clair, certains producteurs paient pour que leur électricité soit utilisée.

Cela peut sembler contre-intuitif. Après tout, pourquoi payer pour quelque chose qu'on produit ? En réalité, c’est lié aux spécificités de la production d’électricité. Contrairement à d'autres biens, l'électricité ne se stocke pas facilement. Si elle n’est pas consommée, elle peut surcharger le réseau et entraîner des problèmes techniques. Les producteurs préfèrent donc payer pour éviter ces désagréments.

image description

Pourquoi observe-t-on des prix négatifs pour l’électricité ?

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène :

Des contraintes techniques difficiles à contourner

Certains types de centrales électriques, comme les centrales nucléaires ou à charbon, ne peuvent pas s’arrêter et redémarrer rapidement ou à moindre coût. Arrêter une centrale signifie engager des frais importants, souvent supérieurs à ceux associés à la vente de l’électricité à perte. Les producteurs préfèrent donc continuer à produire, même si cela implique de payer pour écouler leur surplus sur le marché.

Une demande trop faible à certains moments

L’électricité n’est pas stockée en masse. Elle doit être consommée au moment où elle est produite. Lorsque la demande est faible (la nuit ou pendant les week-ends), et que l’offre reste élevée, les prix chutent. Si la demande ne suffit toujours pas à absorber l’offre, on entre dans une situation de prix négatifs.

L’impact des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables comme l’énergie solaire et l’énergie éolienne ont la particularité d’être intermittentes. Une journée venteuse ou ensoleillée peut générer une production abondante. Si cela arrive lors de moment de faible consommation cela engendre des prix négatifs sur les marchés.

Prenons l’exemple de l’Allemagne, championne de l’éolien en Europe : lors de périodes de forte production éolienne combinées à une faible consommation, les prix négatifs deviennent fréquents.

Les conséquences des prix négatifs

Pour les producteurs

Les prix négatifs mettent à mal la rentabilité des producteurs. Ils doivent non seulement payer pour écouler leur énergie, mais subissent également des pressions sur leurs marges. 

Cela peut dissuader d’investir dans de nouveaux moyens de production, notamment dans des installations coûteuses mais nécessaires, comme les centrales flexibles ou les solutions de stockage.

Pour le Réseau Électrique

Un réseau électrique doit toujours être en équilibre : autant d’électricité produite que consommée. Les prix négatifs traduisent un déséquilibre, ce qui oblige les gestionnaires comme RTE (Réseau de Transport d’Électricité) à intervenir pour éviter des pannes ou des coupures. Ces interventions coûtent cher et peuvent compliquer la gestion du réseau à long terme.

Pour les consommateurs

En théorie, les consommateurs pourraient bénéficier de ces prix bas, voire négatifs, surtout ceux qui peuvent ajuster leur consommation (par exemple, en chargeant des batteries ou des véhicules électriques pendant les périodes de surplus). Cependant, ces opportunités restent limitées aux entreprises ou aux particuliers très bien équipés.

Comment éviter les prix négatifs ?

Les prix négatifs ne sont pas une fatalité. Plusieurs solutions existent pour limiter ces épisodes et améliorer l’équilibre entre production et consommation.

Rendre la demande plus flexible

Plutôt que de limiter l’offre, pourquoi ne pas adapter la demande ? Grâce à des technologies comme les compteurs intelligents ou des incitations tarifaires, les consommateurs peuvent être encouragés à consommer davantage d’électricité pendant les périodes de surplus. Par exemple, la recharge des véhicules électriques ou le chauffage de l’eau pourraient être programmés pour les heures où l’électricité est abondante.

Réformer les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables

Les régimes de soutien actuels, comme l’obligation d’achat, incitent à produire même quand ce n’est pas nécessaire. 

Une transition vers des mécanismes plus flexibles, comme le complément de rémunération – prime versée à un producteur d’énergie renouvelable, qui vient en complément de la vente sur le marché de l’électricité qu’il a produite –- , pourrait encourager les producteurs à adapter leur production aux besoins réels du réseau.

Renforcer l’intégration des systèmes électriques en Europe

Un réseau électrique mieux interconnecté au niveau européen permettrait de mieux gérer les surplus et les déficits. Si un pays produit trop d’électricité, il pourrait l’exporter vers un voisin qui en a besoin. Cela réduirait le risque de prix négatifs tout en renforçant la coopération énergétique.

Développer les solutions de stockage d’énergie

Les batteries et autres technologies de stockage permettent de stocker l’électricité excédentaire pour la réutiliser plus tard. Bien que coûteuses, ces solutions deviennent de plus en plus accessibles grâce aux innovations.

Bon à savoir

Bonne nouvelle si vous souhaitez économiser sur votre facture d'électricité. Chez Alpiq, vous bénéficiez d’une remise de 4% sur le prix du kWh HT par rapport au tarif bleu d’EDF. Ce qui signifie que, quelle que soit l’évolution du tarif réglementé de vente, vous payerez toujours le kWh HT d’électricité moins cher.

Sommaire
Simulez vos mensualités

Consommation annuelle de référence

kWh

Puissance de votre compteur

Option tarifaire