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Ce qu’il faut retenir :
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La précarité énergétique, de quoi parle-t-on exactement ?
On parle de précarité énergétique lorsqu’un ménage doit réduire sa consommation d’énergie au point que cela nuit à sa santé ou à son bien-être. Concrètement, cela signifie ne pas pouvoir chauffer suffisamment son logement en hiver, ou ne pas réussir à le rafraîchir lors des vagues de chaleur estivales.
Trois grandes causes expliquent cette situation :
- Des revenus du foyer trop faibles pour couvrir les besoins énergétiques
- Un coût de l’énergie trop élevé
- Des logements mal isolés ou peu performants sur le plan énergétique
Ces 3 éléments forment un cercle vicieux : plus un logement est mal isolé, plus il consomme, et plus la facture pèse lourd dans le budget des ménages modestes.
Par ailleurs, la crise du Covid-19, suivie de la flambée des prix de l’énergie liée notamment à la guerre en Ukraine, a aggravé une situation déjà fragile dans plusieurs pays.

Les chiffres clés en Europe
D’après les dernières statistiques d’Eurostat, 9,2 % des Européens déclarent avoir du mal à maintenir leur logement à une température confortable. C’est une amélioration par rapport à 2023 (10,6 %) et 2022 (9,3 %).
Cette baisse s’explique notamment par :
- La stabilisation des prix du gaz et de l’électricité
- Les aides d’urgence mises en place par les États
- Les politiques d’efficacité énergétique déployées par les gouvernements
- Une meilleure identification des ménages les plus vulnérables
Cependant, cette amélioration ne profite pas à tous de manière équitable : de fortes disparités subsistent entre les pays. Nous vous les détaillons ci-dessous.
Les pays où l’on a le plus de mal à se chauffer
En 2024, les parts les plus élevées de ménages incapables de maintenir une température adéquate ont été observées en :
- Bulgarie : 19,0 %
- Grèce : 19,0 %
- Lituanie : 18,0 %
- Espagne : 17,5 %
Plusieurs facteurs expliquent ces niveaux élevés : des écarts de revenus marqués, des logements peu performants sur le plan énergétique, des aides nationales inégales, ainsi que les effets de la crise énergétique européenne, qui a entraîné une forte instabilité des prix.
Autre chiffre marquant : environ 75 % des bâtiments européens seraient peu efficaces sur le plan énergétique.
L’exemple de l’Espagne illustre bien ce problème : même si les hivers y sont généralement doux, de nombreux logements ne sont pas adaptés au froid. En effet, d'après une étude d'idealista, un quart des logements espagnols ne sont pas équipés de système de chauffage.
Les pays les mieux chauffés en Europe
À l’inverse, certains pays affichent des taux très faibles de précarité énergétique. C’est le cas de :
- La Finlande : 2,7 %
- La Pologne : 3,3 %
- La Slovénie : 3,3 %
- L’Estonie : 3,6 %
- Le Luxembourg : 3,6 %
On pourrait s’étonner de ce classement : comment des pays aux hivers rigoureux comme la Finlande peuvent-ils être parmi les mieux lotis ?
La réponse tient en grande partie à :
Des bâtiments performants
Dans les pays nordiques, l’efficacité énergétique est une priorité depuis des décennies. Les bâtiments sont conçus pour résister aux températures extrêmes. Par ailleurs, certains États investissent massivement dans la biomasse et les énergies renouvelables. En Finlande, par exemple, plus de 60 % des bâtiments utilisent des pompes à chaleur (air-air, géothermie). Associées à des normes d’isolation très strictes, elles permettent de réduire considérablement les besoins en chauffage.
Des politiques sociales solides
Dans ces pays, la précarité énergétique est généralement traitée par le ministère chargé des Affaires sociales, indépendamment des stratégies purement énergétiques. Cela permet de considérer la protection des foyers vulnérables comme une véritable priorité sociale, et pas seulement comme un outil de la politique énergétique.
La précarité énergétique ne concerne pas seulement l’hiver
On parle de plus en plus de précarité énergétique estivale. Avec le réchauffement climatique et la multiplication des vagues de chaleur, de plus en plus de ménages peinent à maintenir une température confortable lors des vagues de chaleur.
Ce phénomène touche particulièrement :
- Les personnes âgées
- Les ménages à faibles revenus
- Les habitants des centres urbains densément construits
Rester au frais demande parfois des investissements (climatisation, bonne isolation thermique, végétalisation) qui ne sont pas accessibles à tous.
Ce que fait l’Union européenne
Face à la précarité énergétique, chaque pays européen agit à son échelle. Mais depuis une dizaine d’années, l’Union européenne a renforcé son rôle pour coordonner, encadrer et accélérer les actions.
En 2019, l’UE a lancé le paquet « Une énergie propre pour tous les Européens ». Pour la première fois, la protection des consommateurs vulnérables devient une priorité officielle, et chaque État membre doit désormais intégrer la lutte contre la précarité énergétique dans ses plans nationaux énergie-climat. Concrètement, les pays doivent mesurer le phénomène, identifier les ménages à risque et proposer des solutions adaptées.
Autre mesure : le Pacte vert pour l'Europe, qui vise la neutralité carbone d’ici 2050. Son principe : réussir la transition énergétique “sans laisser personne de côté”. Cela passe notamment par la rénovation des logements les plus énergivores, via la stratégie dite de « vague de rénovations », qui ambitionne de doubler le rythme des travaux pour améliorer l’isolation des bâtiments et réduire les factures des ménages.
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