Précarité énergétique : qui en souffre en été ?

Phénomène très présent en hiver, la précarité énergétique touche désormais les Français l’été. En effet, comme le rappelle la Fondation pour le Logement des défavorisés dans son rapport Logements bouilloires 2026, de plus en plus de particuliers ont des “difficultés à maintenir une température acceptable dans leur logement pendant les périodes de chaleur”. En 2025, 49 % des Français ont déclaré souffrir de la chaleur dans leur logement pendant au moins 24 heures. Les passoires thermiques, synonyme de froid l’hiver, se transforment en véritables bouilloires thermiques, invivables l’été. Qui sont les Français les plus touchés ? Comment y remédier ? Alpiq fait le point.

Ce qu’il faut retenir : 

  • La précarité énergétique en été est un phénomène croissant. En 2025, près d’1 Français sur 2 (49 %) a déclaré avoir souffert de la chaleur dans son logement pendant au moins 24 heures.
  • 1 logement sur 2 présente un confort d’été classé “insuffisant” sur le DPE, ce sont les logements appelés “passoires thermiques”.
  • Les populations les plus vulnérables sont les jeunes, les personnes âgées et les ménages modestes, en particulier les habitants des quartiers prioritaires de la ville (QPV).
  • En été 2025, 5 700 personnes sont mortes à cause de la chaleur en France, davantage que sur les routes (3 200 décès).
  • Bien isoler son logement et végétaliser les façades sont les solutions les plus efficaces et durables pour lutter contre la chaleur sans alourdir sa facture d’électricité.
  • Des aides financières comme MaPrimeRénov’ ou les CEE permettent de financer ces travaux.
  • L’accise sur l’électricité est un impôt indirect perçu sur la consommation ou la vente d’électricité.
  • En 2025, 3 taux d’accise sur l’électricité sont applicables selon la période de l’année.
  • Depuis le 1er août 2025, le taux d’accise sur l’électricité pour les clients particuliers s’élève à 29,98 €/MWh.

Précarité énergétique en été : une majorité de Français concernés

La précarité énergétique l’été est un phénomène qui touche une majorité de Français. En effet, nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à maintenir une température décente dans leur logement l’été, à savoir, entre 26 °C et 28 °C le jour, 26 °C maximum la nuit. 

Comme le révèle l’étude Logements bouilloires 2026, 66 % des Français déclarent avoir déjà eu des difficultés à supporter la chaleur dans leur logement actuel. D’après le Médiateur national de l’énergie, près d’1 Français sur 2 (49 %) a souffert d’un excès de chaleur dans son logement en 2025 pendant au moins 24 heures, une proportion qui grimpe à 64 % parmi les bénéficiaires du chèque énergie (foyers avec moins de 11 000 € de revenus annuels). 

Par ailleurs, 1 logement sur 2 présente un indicateur de confort d’été “insuffisant” au DPE, et seulement 11 % des logements présentent un “bon” confort d’été.

Les jeunes, une population davantage touchée

Si la précarité énergétique semble toucher une grande partie de la population, elle concerne particulièrement les jeunes. D’après la Fondation pour le Logement des défavorisés, 54 % des 18-24 ans souffrent des excès de chaleur dans leur logement.

Les personnes âgées et canicule : une situation de vulnérabilité 

Les personnes de plus de 75 ans sont également fortement touchées par la précarité énergétique et les vagues de chaleur. Et les conséquences sont dramatiques. Dans son étude, la Fondation alerte sur une mortalité liée à la chaleur en forte progression : durant l’été 2025, 5 700 personnes sont mortes à cause de la chaleur en France, et 24 000 recours aux soins d’urgence ont été enregistrés. En moins de 10 ans, ce sont 40 000 personnes qui sont décédées des conséquences de la chaleur dans notre pays. Pour donner la mesure du danger : en 2025, la chaleur a tué davantage que les accidents de la route (3 200 décès).

Les foyers modestes, davantage sujets à la précarité énergétique

Enfin, les ménages modestes semblent davantage souffrir de la chaleur et de la précarité énergétique en été. Les foyers parmi les 20 % les plus pauvres sont deux fois plus touchés que parmi les 20 % les plus riches (35 % contre 18 %). Durant la période estivale, les résidents des quartiers prioritaires de la ville ont signalé avoir davantage souffert de la chaleur par rapport aux autres habitants, avec une proportion de 76 % contre 70 % chez le reste de la population.

Ils ont également éprouvé des difficultés plus importantes pour trouver un endroit où se rafraîchir, avec un pourcentage de 62 % comparé à 48 % pour les autres habitants.

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Cette situation n’est pas uniquement liée aux pics de chaleur. Même en dehors des périodes de canicule, 70 % des foyers des QPV ont déclaré que la température est trop élevée chez eux pendant l'été (contre 56 % à l'échelle nationale).

Comment lutter contre la précarité énergétique en été ?

Si la précarité énergétique l’été apparaît comme un phénomène grandissant, il est possible de lutter contre. Pour éviter de trop souffrir des effets de la chaleur sans voir la facture d’électricité augmenter, plusieurs solutions sont possibles. 

L’isolation contre la chaleur 

Pour commencer, il est conseillé de renforcer l'isolation thermique du logement. Cela permet d’empêcher la chaleur excessive de pénétrer à l'intérieur de l’appartement ou de la maison. Ainsi, il est plus facile de maintenir la fraîcheur à l'intérieur du logement et de réduire la dépendance aux systèmes de climatisation énergivores.

Afin de bien isoler son logement contre la chaleur, il faut s’intéresser au déphasage thermique des isolants. Le déphasage correspond à la mesure du temps nécessaire pour que la chaleur extérieure traverse l’isolant et affecte la température intérieure.

En la matière, il est conseillé de choisir des isolants avec plus de 10 heures de déphasage thermique comme les panneaux de fibre de bois (14 heures) ou le liège expansé (13 heures). Fabriqués à base de matériaux naturels, ces isolants sont écologiques

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lightbulbBon à savoir

Pour isoler votre logement, vous pouvez bénéficier d’aides à la rénovation comme MaPrimeRénov’ ou bien la Prime Énergie issue des CEE (Certificats d’Économies d’Énergie).

La végétalisation des façades

Autre manière de lutter contre les fortes chaleurs : la végétalisation des façades. Grâce au phénomène d’évapotranspiration, les plantes relâchent de l’eau et permettent de rafraichir leurs alentours.

Selon Sophie Rousset-Rouvière, déléguée générale de Adivet (L’association des toitures et façades végétales), « des études ont montré́ que dans les locaux sous-jacents à la toiture végétalisée ou dans les pièces dont les murs extérieurs sont couverts par une végétalisation, la température intérieure était plus tempérée, évitant de recourir à la climatisation (1,5 à 5 °C en moins et diminution la consommation d’énergie pour la climatisation de 37 à 51 %) ». 

Cette technique très efficace permet aussi de lutter contre la formation d’îlots de chaleur en ville. En effet, les sols artificialisés et les surfaces en pierre ou en béton emmagasinent la chaleur en journée et la restituent la nuit contribuant à faire grimper la température en ville.

  • Qu’est-ce que la précarité énergétique en été ? image description

    La précarité énergétique estivale désigne l’incapacité d’un ménage à maintenir une température acceptable dans son logement durant les mois chauds. Elle résulte d’une combinaison de facteurs : un bâtiment mal isolé, un faible revenu, l’absence d’équipements de rafraîchissement et/ou un environnement urbain propice aux îlots de chaleur. Depuis 2023, la directive européenne sur l’efficacité énergétique intègre officiellement la chaleur dans la définition de la précarité énergétique.

  • Quelles sont les solutions les plus efficaces pour se protéger de la chaleur chez soi ?image description

    Les volets, stores et brise-soleil sont les solutions les plus efficaces pour empêcher la chaleur d’entrer dans le logement. Pour renforcer leur effet, il est conseillé d’aérer la nuit et d’utiliser un ventilateur, plus économique qu’un climatiseur. À plus long terme, une bonne isolation du logement permet de mieux conserver la fraîcheur en été.

  • Faut-il installer un climatiseur pour lutter contre la chaleur ?image description

    La climatisation peut apporter un soulagement immédiat, mais elle n’est pas recommandée comme solution principale. Elle augmente les factures d’électricité, aggrave les îlots de chaleur urbains et contribue aux émissions de gaz à effet de serre (En 2021, la climatisation représentait près de 5 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment). Elle peut être envisagée en dernier recours, une fois les autres solutions (isolation et ventilation) mises en place.