L’Europe réduit sa facture énergétique grâce aux renouvelables

Le développement du solaire et de l’éolien permet à l’Union européenne d’économiser près de 51 milliards d’euros sur ses importations de combustibles fossiles. C’est une nouvelle forme de souveraineté énergétique qui se dessine. Moins de dépendance aux marchés fossiles, plus de stabilité face aux crises internationales, et une production d’électricité propre qui continue de battre des records en 2026.

Ce qu’il faut retenir :

  • En 2025, l'Union européenne a économisé environ 51 milliards d'euros sur ses importations de combustibles fossiles grâce au développement des énergies renouvelables.
  • Le solaire a été le grand moteur de cette dynamique. Il représente désormais 12,5 % du mix électrique européen, avec une production en hausse de 60 TWh sur un an.
  • Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’UE a investi près de 390 milliards de dollars dans les énergies propres en 2025.
  • En avril 2026, l’éolien et le solaire ont pour la première fois dépassé le gaz dans la production mondiale d’électricité.
  • Cette stratégie protège également les consommateurs et les entreprises européennes face aux chocs de prix, notamment ceux provoqués par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Une facture énergétique européenne plus légère

En 2025, l'UE a réduit ses achats de combustibles fossiles à l'étranger grâce au développement de l'éolien et du solaire. Cette évolution lui a permis d'économiser environ 51 milliards d'euros, selon une analyse des think tanks Ember relayée par Euronews.

Ces résultats s'expliquent par des investissements importants. D'après l'Agence internationale de l'énergie (1x, l'Union européenne a consacré près de 390 milliards de dollars au secteur de l'énergie en 2025, principalement à des technologies bas-carbone. Les effets commencent à se faire sentir, autant pour l’économie que pour le climat. En revanche, les réseaux électriques, eux, peinent encore à suivre le rythme, ce qui crée des tensions dans certains pays.

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Le solaire, grand champion de la transition

Le solaire confirme sa progression. En 2025, sa production a dépassé 340 TWh, ce qui représente 12,5 % du mix de production électrique européen. Pour donner un ordre de grandeur, la hausse de production solaire enregistrée en un an, soit plus de 60 TWh, équivaut à toute la consommation annuelle d’électricité du Portugal.

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Moins de dépendance donc plus de sécurité énergétique

En 2025, l’Europe a réduit ses importations d’énergie de 11,1 %, un recul important dans un contexte international plutôt instable, marqué par les tensions entre les États‑Unis, Israël et l’Iran, qui ont fait grimper les prix du pétrole et du gaz. 

Parce qu’il repose de plus en plus sur l’éolien et le solaire, le secteur électrique européen a mieux résisté aux secousses des marchés mondiaux que les secteurs encore dépendants des combustibles fossiles, comme les transports ou le chauffage.

Plus l’Europe avance dans sa transition, moins elle reste exposée aux fluctuations internationales. L’Agence internationale de l’énergie rappelle toutefois que, malgré ces progrès, les prix de l’énergie restent plus élevés en Europe que dans d’autres grandes économies, en partie à cause des retards dans les infrastructures électriques.

Une dynamique qui s’accélère en 2026

En avril, l’éolien et le solaire ont, pour la première fois, produit plus d’électricité que le gaz : 22 % de la production mondiale contre 20 % pour le gaz.

Ce changement reste ponctuel, puisqu’il ne concerne qu’un seul mois, mais il s’est produit dans des conditions très favorables : au printemps, dans l’hémisphère Nord, vents soutenus, fort ensoleillement et demande électrique modérée se combinent naturellement.

La hausse des renouvelables s’est observée dans plusieurs grandes économies : Royaume‑Uni (+35 %), Chili (+24 %), Australie (+17 %), Chine (+14 %) et Union européenne (+13 %).

  • Quel est l’objectif de l’UE en matière de renouvelables d’ici 2030 ?image description

    La directive européenne RED III, entrée en vigueur en novembre 2023, fixe un objectif contraignant de 42,5 % de renouvelables dans la consommation énergétique globale de l’Union à l’horizon 2030. Cet objectif se décline aussi par secteur : au moins 29 % de renouvelables dans les transports, 42 % d’hydrogène renouvelable dans l’industrie, et 49 % dans les bâtiments.

  • Quelle est aujourd’hui la place des renouvelables dans la consommation énergétique totale de l’UE ?image description

    En 2024, les renouvelables représentaient 25,2 % de la consommation finale brute d’énergie de l’UE, contre 24,6 % en 2023, et près de trois fois plus qu’en 2004 (9,6 %). Pour tenir l’objectif de 42,5 % en 2030, les pays de l’UE doivent collectivement gagner plus de 17 points de pourcentage en seulement six ans.

  • Quels pays européens sont en avance sur les renouvelables ?image description

    Les performances des pays de l’UE en matière de renouvelables sont très contrastées. Selon Eurostat, au premier trimestre 2026, le Danemark domine largement avec 90 % d’électricité renouvelable, porté par l’éolien. Il est suivi du Portugal (82,9 %), grâce à son hydroélectricité, et de la Lituanie (75,7 %), très avancée dans l’éolien. À l’inverse, la Tchéquie (12,7 %), Malte (13 %) et la Slovaquie (17,2 %) restent nettement en retrait.