Qui définit la hausse des tarifs de l’électricité ?
Depuis le 8 décembre 2015, c’est la CRE (Commission de régulation de l’énergie) qui propose aux ministres de l’Économie et de l’Énergie les évolutions du prix de vente de l’électricité en France. Les pouvoirs publics peuvent ensuite décider, soit de s’y opposer (dans un délai de 3 mois suivant la proposition de la Commission), soit de la valider.

Pourquoi les prix de l’électricité augmentent ?
Pour assurer leurs missions de développement, de gestion et d’exploitation des réseaux de distribution, les gestionnaires (Enedis pour l’électricité, GRDF pour le gaz) sont rémunérés par les utilisateurs du réseau. Le montant facturé est appelé « TURPE » pour « tarifs d’utilisation des réseaux publics d’électricité ».
Jusqu’en 2022, les investissements liés à la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables impliquaient une augmentation considérable des coûts d’approvisionnement et plus particulièrement du TURPE, expliquant la hausse du prix de l’électricité.
Puis, à partir de l’année 2022, le contexte économique et politique est venu fragiliser l’approvisionnement en électricité au niveau mondial et a entraîné une hausse historique des prix de l’électricité. La reprise de l’activité économique après la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, des conditions météorologiques peu favorables à la production d’électricité issue du renouvelable, un parc nucléaire français réduit : tous ces facteurs ont provoqué une crise énergétique de 2021 à 2024.
Mais la politique intérieure menée dans chaque pays a aussi un impact sur l’évolution du prix de l’électricité. En France par exemple, la sortie progressive du bouclier tarifaire mis en œuvre par le Gouvernement a entraîné une nouvelle hausse du tarif réglementé de vente au 1er février 2024.
Aujourd’hui, au-delà de la crise énergétique, et malgré une tendance à la stabilisation, d’autres facteurs influencent les prix de l’électricité, comme la réforme du marché européen de l’énergie, la relance du nucléaire en France ou encore le développement des énergies renouvelables.
Quelle a été la hausse des prix de l’électricité ces dernières années ?
Chaque année, les tarifs réglementés de vente sont révisés par les pouvoirs publics en fonction de l’évolution de certains coûts comme :
- Le coût de commercialisation de l’électricité ;
- Les coûts de production ;
- Les coûts d’acheminement (transport et distribution).
Le contexte économique en Europe, et dans le monde, joue un rôle déterminant sur ces différents coûts et a un impact direct sur le prix de l’électricité en France.
Historique de l'augmentation des prix ces 10 dernières années
Ces 10 dernières années, le prix de l’électricité n’a connu que des hausses successives à l’exception d’une baisse de 0,5 % en août 2016 et en août 2018, comme l’indique le graphique et le graphique ci-dessous.
Stabilité des prix de l’électricité en 2026
Au 1er février 2026, la CRE a proposé de maintenir les tarifs réglementés de vente stables (avec une très légère baisse de -0,83 % TTC).
Cette stabilité est la conséquence de plusieurs facteurs contraires qui se compensent :
- La baisse du coût de l’approvisionnement en énergie par rapport à 2025 ;
- La baisse du coût de l’approvisionnement en garanties de capacité ;
- La hausse des coûts de commercialisation d’EDF (qui inclut l’augmentation des coûts liés à l’approvisionnement en certificats d’économie d’énergie ou CEE) ;
- L’augmentation de la composante « rattrapages », un ajustement appliqué aux tarifs pour corriger un décalage entre le prix « réel » de l’électricité et le prix qui a été facturé aux consommateurs. Ce décalage est principalement dû aux mécanismes mis en place pendant la crise énergétique, qui visaient à compenser l’écart entre les prix réels de l’électricité et les tarifs facturés aux consommateurs (bouclier tarifaire notamment).
Le début d’année 2026 s’inscrit dans la continuité de la stabilité des prix amorcée en 2025.
Baisse significative des prix de l’électricité en 2025
Avec un retour progressif à la normale après la crise énergétique, le prix de l’électricité sur les marchés de gros avait connu une baisse significative. De fait, au 1er février 2025, la CRE avait proposé une baisse moyenne de 15 % du tarif réglementé de vente.
Cette baisse incluait l’augmentation de deux éléments influençant le prix de l’électricité :
- L’arrêté publié au Journal officiel du 28 décembre 2024 a confirmé la fin définitive du bouclier tarifaire. De fait, dès le 1er février 2025, l’accise sur l’électricité (anciennement la TICFE) a été rehaussée à 33,70 €/MWh pour les clients particuliers, soit un niveau légèrement supérieur à son montant d’avant-crise. Cela s’explique principalement par l’indexation de l’accise sur l’inflation à partir de l’année 2025.
- La hausse avancée exceptionnellement au 1er février 2025 du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), soit une augmentation de 7,7 %. Cette évolution tient compte de l’apurement des comptes de régularisation (constitués sur la période 2021-2024) des charges et des produits (CRCP) des gestionnaires du réseau : Enedis pour la partie distribution et RTE pour le transport.
L’année 2025 a marqué un tournant sur le marché de l’électricité, avec une baisse significative des tarifs en début d’année, suivie d’une stabilisation progressive. Elle met fin à la période de hausses exceptionnelles observées entre 2021 et 2024.

Compte tenu des mouvements liés au TURPE et aux différentes taxes de l’électricité, au 1er août 2025, la CRE avait proposé de maintenir stables les TRV.
Augmentation des prix de l’électricité en 2024
Le prix de l’électricité a augmenté au 1er février 2024 en France, à hauteur de :
- 8,6 % pour les ménages ayant souscrit une offre au tarif réglementé, en option « Base » ;
- 9,8 % pour les ménages ayant souscrit une offre au tarif réglementé, en option « Heures pleines / heures creuses » ;
- Entre 5,2 % et 8 % pour les entreprises, en fonction du contrat souscrit.
Augmentation des prix de l’électricité en 2023
En 2023, le gouvernement souhaitait sortir progressivement du bouclier tarifaire mis en place pour préserver au maximum le budget des Français face à la flambée des prix de l’énergie. Le TRVE a donc connu deux hausses successives :
- + 15 % en moyenne au 1er février 2023
- + 10 % en moyenne au 1er août 2023
Augmentation des prix de l’électricité en 2022
En 2022, le contexte énergétique a été particulièrement tendu et de nombreux facteurs ont fait flamber le prix de l’électricité et notamment la hausse du prix des quotas de CO² en Europe, la guerre en Ukraine, le ralentissement des approvisionnements russes en gaz ainsi que la mise à l’arrêt non prévue d’un certain nombre de réacteurs du parc nucléaire français.
Face à ces événements, la CRE (Commission de Régulation de L’Energie) avait à l’origine proposé une hausse de 35,4 % TTC du prix de l’électricité, applicable dès le 1er février 2022.
Pour préserver le pouvoir d’achat des Français, le gouvernement a mis en place un bouclier tarifaire qui a permis de limiter cette augmentation à 4 % TTC et d’éviter une nouvelle hausse au 1er août 2022.
Augmentation des prix de l’électricité en 2021
En 2021, le prix de l’électricité a subi deux hausses consécutives :
- +1,6 % TTC au 1er février 2021
- +0,48 % TTC au 1er août 2021
Ces augmentations étaient la conséquence de plusieurs facteurs et notamment l’évolution du TURPE au 1er août 2021 ; mais aussi la hausse de la contrepartie financière reçue par les fournisseurs dans le cadre de la gestion des clients pour le compte du gestionnaire du réseau Enedis ; et enfin, la mise à jour du rattrapage des montants non couverts en 2019 pour terminer de le solder en deux ans comme l’avait annoncé la CRE.
Les prix de l'électricité devraient-ils augmenter dans les prochaines années ?
Après une crise énergétique qui a vu le prix de l’électricité flamber entre 2021 et 2024, la tendance semble évoluer vers une relative stabilisation des prix de l’électricité depuis 2025.
Après une baisse significative en 2025, les tarifs réglementés devraient rester globalement stables en 2026.
Cette stabilité s’explique par un équilibre entre plusieurs facteurs :
- La baisse des coûts d’approvisionnement sur les marchés de gros ;
- La hausse de certaines charges, comme les taxes ou les coûts commerciaux.
À plus long terme, les perspectives restent toutefois incertaines. La fin de certains mécanismes de régulation, comme l’ARENH par exemple en 2025, expose davantage les prix de l’électricité aux fluctuations du marché européen.
Ainsi, même si les prix devraient globalement se stabiliser, des variations à la hausse ou à la baisse restent possibles en fonction de plusieurs facteurs : évolution des prix du gaz, niveau de production nucléaire, développement des énergies renouvelables ou encore contexte géopolitique.
En résumé, les prix de l’électricité ne devraient plus connaître de hausses exceptionnelles comme entre 2021 et 2024, mais ils devraient rester durablement à un niveau relativement élevé, avec une volatilité toujours présente.
Chez Alpiq, pour préserver votre budget électricité, vous bénéficiez d’un prix du kWh HT toujours moins cher que le tarif bleu d’EDF, et ce, quelle que soit son évolution !
Quelle solution face à la hausse des prix de l'électricité ?
Vous souhaitez limiter l’impact des hausses du prix de l’électricité sur votre facture d’énergie ? C’est très simple, pour cela vous disposez de deux options :
- Souscrire une offre d’électricité à prix indexé sur les TRV qui vous garantit un prix du kWh toujours plus bas que les TRV.
- Souscrire une offre d’électricité à prix fixe : dont le prix du kWh reste fixe durant toute la durée de votre contrat, quelle que soit l’évolution du prix des TRV.
Il est également possible de réduire le montant de sa facture d’électricité en adaptant ses usages (heures creuses), en améliorant la performance énergétique de son logement ou encore en se tournant vers des solutions d’autoconsommation.
Comment sont composés les prix de l'électricité ?
Le prix de l’électricité, hors taxes, se compose de :
- Coûts identiques quel que soit le fournisseur comme par exemple l’accès aux réseaux dont le prix est fixé par la CRE ;
- Coûts variables selon le fournisseur comme par exemple le coût d’approvisionnement ou de production en électricité, ou encore les coûts commerciaux. C’est en optimisant ces coûts que les fournisseurs sont en mesure de définir le prix de leur offre.
Le prix de l’électricité intègre également différentes taxes et contributions, comme :
- La CTA Contribution Tarifaire d’Acheminement : elle finance les droits relatifs à l’assurance vieillesse du personnel travaillant dans les secteurs qui relèvent du régime des industries électriques et gazières (IEG) ;
- L’accise sur l’électricité: elle est collectée par les fournisseurs auprès des consommateurs. Elle est passée à 0,03085 €/kWh au 1er février 2026 (elle s’élevait à 0,02998 €/kWh depuis le 1er août 2025) ;
- La TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée : elle s’applique à plusieurs niveaux, à un taux de 5,5 % 20 % sur l’abonnement, la consommation et les autres taxes et contributions.
En conclusion, après plusieurs années de fortes hausses, le marché de l’électricité tend à se stabiliser. Si les prix restent plus élevés par rapport à la période d’avant-crise, leur évolution devrait désormais être plus mesurée. Dans ce contexte, il est essentiel pour les clients particuliers de rester attentifs aux offres disponibles et d’adopter les bons réflexes pour maîtriser leur consommation. Comparer les fournisseurs, adapter ses usages ou encore investir dans des solutions plus économes peuvent permettre de limiter durablement l’impact de l’électricité sur le budget.
