COP30 : bilan des discussions 2025 entre avancées et déceptions

Organisée par l'Organisation des Nations Unies (ONU), la conférence internationale de la COP30 s’est déroulée du 10 au 22 novembre dans la ville de Belém, porte de l'Amazonie, au nord du Brésil. Chaque année, c’est au cours de longs et complexes échanges que les promesses des années passées sont vérifiées. La COP permet aussi de fixer les objectifs futurs, toujours avec l’objectif de protéger l'environnement et limiter le réchauffement climatique. 

En résumé :

  • La COP30 s'est déroulée sous haute tension géopolitique, au point qu'une journée de négociation supplémentaire a dû être ajoutée en urgence.
  • Plusieurs décisions ont été actées comme le triplement des financements pour l'adaptation et le lancement du Mécanisme de Belém pour accompagner les pays en développement vers des économies durables.
  • La conférence a aussi acté que le dépassement du seuil de 1,5 °C de réchauffement est désormais inévitable.
  • Les tensions entre nations ont en revanche empêché tout accord sur la sortie des énergies fossiles, malgré la pression de près de 80 pays.

Une édition marquée par des avancées

Cette année, du fait des tensions géopolitiques actuelles, la COP 30 a été marquée par la difficulté à trouver un consensus. En témoigne le jour supplémentaire de négociation ajouté en urgence. Des décisions semblent quand même en mesure d’impulser davantage de lutte contre le changement climatique.

Retour sur l’accord de Paris

Dix ans après son adoption, la COP30 salue les trois objectifs structurants de l’Accord de Paris comme de réelles avancées. « La COP 30 a montré que la coopération climatique est bien vivante et qu'elle permet à l'humanité de continuer à se battre pour une planète viable, avec la ferme résolution de maintenir l'objectif de 1,5 °C à portée de main. » a fait savoir Simon Stiell, secrétaire exécutif d'ONU Climat le 22 novembre lors du discours de clôture.

Un appel historique à l'humanité pour s'unir dans un mutirão (effort collectif) mondial 

La COP30 a adopté un ensemble de mesures une nouvelle fois destinées à accélérer l’action climatique et à renforcer la coopération internationale via :  

  • La création d’un Accélérateur mondial de mise en œuvre, dédié aux actions les plus rapides et efficaces (réduction du méthane un puissant gaz à effet de serre, solutions fondées sur la nature, énergies renouvelables…).
  • Le triplement des financements pour l’adaptation au changement climatique, ciblant les populations les plus exposées.
  • La création du Mécanisme de Belém, pour aider et accompagner les pays en développement à se tourner vers des économies durables et inclusives.
  • L’adoption d’indicateurs volontaires de résilience permettant un suivi des progrès.
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COP30

Des points d’inquiétude majeurs malgré les progrès

Malgré la mobilisation internationale, l’impasse sur la sortie des énergies fossiles et la déforestation illustrent la complexité de parvenir à un accord international efficace sur le climat. On vous explique. 

L’absence d’accord sur la sortie des énergies fossiles

Pendant la COP30, ce qui a réellement interpellé, c’est qu’aucune mesure sur la sortie des énergies fossiles n’ait été annoncée, ni même évoquée. Pourtant, près de 80 pays,  issus de l’Union européenne, d’Amérique latine et de plusieurs États insulaires, espéraient un texte affirmant clairement une sortie progressive des énergies fossiles. Malheureusement l’absence de consensus entre les nations a eu raison de cette ambition. 

Résultat, aucune feuille de route officielle ne fixe aujourd’hui un objectif de sortie des énergies fossiles. En réponse à cela, le président brésilien de la COP30, André Corrêa do Lago, a annoncé son intention de lancer, pour les pays volontaires : 

  • une feuille de route sur la sortie des énergies fossiles ;
  • une feuille de route sur la lutte contre la déforestation.
lightbulb Bon à savoir :

La déforestation de l’Amazonie va bon train. En 2023, 2,8 millions d’hectares ont été détruits, dont 1,1 million d’hectares de forêts primaires, irremplaçables. Ces chiffres auraient dû inciter les dirigeants participants à la COP30 à placer la protection des forêts au cœur des discussions. 

Un constat officialisé : le dépassement du seuil de 1,5°C est désormais inévitable

A Belem, un constat dont on parlait déjà depuis quelque temps a été pour la première fois officialisé par les différents partis. Désormais, sans détour et malgré les progrès institutionnels accomplis et les engagements internationaux, il est trop tard pour espérer éviter complètement le dépassement du seuil de 1,5 °C de réchauffement.

Finalement, les mesures adoptées à l’issue de la COP30 suscitent le débat. Certains, comme Ed Miliband, ministre britannique de l’Énergie, rappellent l’importance de reconnaître les avancées et soulignent que, malgré le retrait des États-Unis, “plus de 190 pays ont réaffirmé leur engagement envers l’accord de Paris”, ce qui reste très significatif. Les ONG restent très critiques. « La COP 30 a offert une lueur d’espoir, mais bien plus de désillusions », déplore Viviana Santiago, directrice exécutive d’Oxfam Brésil. 

Une préparation de la COP 31

La COP30 prépare celle de l’année suivante. La COP31 se tiendra en Turquie, mais pour la première fois, les négociations climatiques seront pilotées par l'Australie. Elle aura lieu du 9 novembre 2026 au 20 novembre 2026.