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Ce qu’il faut retenir :
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Toutes les Coupes du monde ne polluent pas de la même façon
L’empreinte carbone d’une Coupe du monde varie selon plusieurs facteurs :
- le nombre de pays hôtes,
- la distance entre les villes,
- le nombre d’équipes participantes,
- la construction de nouveaux stades,
- et la qualité des transports en commun.
Avec le passage de 32 à 48 équipes en 2026, le nombre de matchs, de déplacements et de nuitées augmente mécaniquement. Plus les distances entre les villes hôtes sont importantes, plus les trajets en avion se multiplient pour les équipes, les officiels et les supporters.
Au final, le transport aérien reste de loin le premier poste d'émission d’un Mondial, bien devant les infrastructures et les déplacements sur place.
Le classement, du moins émetteur au plus polluant
Construction des stades, transports, hébergement des supporters... Voici comment se classent les dernières Coupes du monde en fonction de leur empreinte carbone.
1. Afrique du Sud 2010, environ 1,65 Mt CO2
Le Mondial sud-africain reste, à ce jour, l’édition la moins émettrice depuis que la FIFA a commencé à publier des bilans carbone détaillés. L’organisation prévoyait initialement 2,64 millions de tonnes de CO₂, mais le bilan final s’est établi à environ 1,65 million de tonnes.
Cette baisse s’explique notamment par un nombre de visiteurs inférieur aux prévisions, mais aussi par plusieurs mesures mises en place pour limiter l'impact environnemental : développement du covoiturage et des parkings relais, amélioration de l'efficacité énergétique des stades avec une consommation réduite d'environ 30 %, ainsi que le recours à l'énergie solaire et à d'autres sources d'énergie renouvelable.
2. Brésil 2014, environ 2,72 Mt CO2
Avec un pays hôte immense et douze villes réparties sur tout le territoire, le Mondial brésilien a vu ses émissions bondir de plus d’un million de tonnes par rapport à l’édition précédente. La FIFA a chiffré l’empreinte du tournoi à 2,72 millions de tonnes de CO2, dont environ 80 % liées au seul transport aérien des équipes et des supporters.
L’organisation avait promis de compenser intégralement ces émissions, mais seule une fraction a réellement fait l’objet d’une compensation vérifiée, selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
3. Russie 2018, environ 2,16 Mt CO2
Malgré un nombre de spectateurs plus élevé qu’au Brésil, la Russie a affiché un bilan légèrement inférieur, autour de 2,1 à 2,16 millions de tonnes de CO2 selon les estimations commandées par la FIFA.
Près des trois quarts de ces émissions provenaient des vols internationaux et des trajets entre les villes hôtes, un pays où aucun des douze stades ne disposait d’installations en énergies renouvelables au moment du tournoi.
4. Qatar 2022, environ 3,6 Mt CO2
Présentée par la FIFA comme la première Coupe du monde « neutre en carbone », l'édition 2022 au Qatar affiche un bilan officiel de 3,6 millions de tonnes de CO₂. L'organisation estimait pouvoir compenser intégralement ces émissions grâce à des crédits carbone.
Ce chiffre est toutefois largement contesté par plusieurs organismes indépendants. Greenly estime que l'empreinte réelle du tournoi avoisine 6 Mt CO₂e, soit près de 67 % de plus que le bilan officiel. L'entreprise reproche notamment à la FIFA d'avoir sous-estimé les émissions liées à la construction des infrastructures, au transport aérien des supporters et à la diffusion télévisée.
Les écrans, la consommation électrique et le streaming, qui sollicite fortement les centres de données, contribuent eux aussi à l'empreinte carbone d'une Coupe du monde. À notre échelle, regarder les matchs à plusieurs sur un même écran, privilégier le Wi-Fi ou encore éviter les gadgets à usage unique (drapeaux en plastique, décorations éphémères, goodies...) sont autant de gestes qui permettent de réduire cet impact.
5. Coupe du monde 2026, entre 7,8 et 9 Mt CO2e attendues
L’édition 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, change d’échelle. Avec 48 équipes et 104 matchs, elle constitue le plus grand tournoi de l’histoire de la compétition. Un rapport de l’ONG britannique Scientists for Global Responsibility (SGR) estime que l’empreinte carbone globale du tournoi pourrait atteindre environ 9 millions de tonnes équivalent CO2, soit près du double de la moyenne des quatre éditions précédentes.
Une étude indépendante de la plateforme de comptabilité carbone Greenly aboutit à une estimation légèrement inférieure, avec 7,8 millions de tonnes de CO₂e, soit plus du double du bilan officiel de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Cette différence s'explique toutefois par la répartition des émissions : contrairement au Qatar, qui avait construit plusieurs nouveaux stades, le Mondial 2026 s'appuiera principalement sur des enceintes déjà existantes. Selon Greenly, les infrastructures ne représentent ainsi que 3,1 % des émissions totales, contre 24,6 % lors de l'édition qatarie.
6. Les éditions à venir, 2030 et 2034
La Coupe du monde 2030 sera coorganisée par le Maroc, le Portugal et l’Espagne, mais pour célébrer le centenaire de la compétition, trois matchs se joueront également en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, à des milliers de kilomètres du reste du tournoi.
Aucune estimation chiffrée officielle n’est encore disponible, mais Carbon Market Watch alerte déjà sur un potentiel record d’émissions liées au transport, du fait de la dispersion sur trois continents.
En 2034, le Mondial se déroulera en Arabie saoudite, dans onze stades qui restent encore à construire à ce jour, ce qui laisse présager une empreinte carbone importante liée à la fois aux travaux et aux déplacements aériens internes dans le pays.
